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Articles

Anthropomorphisme et bestiaire de saison

La citrouille était un navet Jack’o Lantern, un ivrogne irlandais, se trouva à plusieurs reprises face au diable, qui, bien entendu, voulait prendre son âme. Une première fois, dans un pub, il demanda au diable de lui payer un dernier coup avant de lui donner son âme. Le diable se transforma en une pièce de monnaie pour régler la note, et hop ! se retrouva coincé dans la poche de Jack par une petite croix d’argent. Il palabra et obtint que Jack le libère, lui accordant en échange de sa liberté un sursis de 10 ans. Dès que le délai fut passé, le revoilà, en plein milieu d’un champ, réclamant l’âme de Jack ! Aide moi d’abord à attraper cette pomme, demande Jack en le hissant sur son dos. Le diable s’empare de la branche de pommier, et Jack pendant ce temps grave une croix sur le tronc de l’arbre. Coincé maintenant dans le pommier, le diable ! Il jure alors de ne jamais prendre l’âme de Jack, qui efface la croix sur le tronc. Jack vit enfin tranquille, ma...

L’école, le restaurant et les enfants perdus.

Ecouter les enfants jouer. « On serait des enfants abandonnés ». « On aurait perdu nos parents ». « Asseyez-vous, je vous ai fait une soupe et un petit café ». « C’est toi la maîtresse et moi je suis le mauvais élève ». Cours de dessins chez les schtroumpfs : la schtroumpfette pause et les autres font son portrait, le prof s’arrache les cheveux (si tant est que les schtroumpfs aient des cheveux)… Voilà les thèmes qui reviennent le plus souvent  dans les jeux dits symboliques: les orphelins, le restaurant (avec une variante « marchande ») et, même en vacances, l’école. Jeux d’imitation, jeux de mise en scène, où l’on se joue gentil ou méchant (trop sévère ou très désobéissant, c’est selon),   heureux ou malheureux (pauvre, de préférence), enfant ou adulte. Chez les orphelins, point d’adultes. On apprend à se passer d’eux, même si c’est triste. On joue à être des enfants obligés, par la force ...

Une course au trésor

Il faisait beau, nous étions une douzaine, dont huit jeunes enfants, et nous avons improvisé une chasse au trésor. Bien sûr aucune recette ne peut être appliquée à la lettre, il faut s’adapter au nombre de joueurs et à leur âge, au lieu, au temps, et puis on invente avec ce qu’on a sous la main. Mais comme c’était réussi, autant vous en faire profiter !   Ingrédients : - un jardin, du soleil (c’est déjà compliqué !) - du papier et 2 feutres de couleurs différentes pour écrire les messages, et des enveloppes - de quoi bricoler : colle, carton, feutres ou craies, plumes, perles, laines de couleur, agrafeuse et ciseaux (de préférence coupant bien mais à bouts ronds) - un trésor (fausse pièces et faux billets, bijoux ou friandises) Les étapes : D’abord, l’histoire. Là, il y aurait deux peuples, celui de la forêt (vert) et celui de la rivière (bleu), à la recherche de nourriture.  Avant de partir à la chasse, il faut se...

Scènes de vie, et quelques jeux, dans un train.

A u départ, on repère juste qu’il y a des enfants pas loin, un nourrisson, un autre qui doit avoir 3 ou 4 ans. Assise à ma place, je ne les vois pas, et je continue ma lecture. Peu à peu, le train ayant quitté la gare, le ton monte. C’est la mère et le « grand » qu’on entend. Il n’a pas voulu manger ce qu’elle lui proposait, eh bien, il n’aura rien d’autre (classique). Un moment plus tard, l’enfant demande à manger ce qu’il avait d’abord refusé. Opposition catégorique de la mère : c’est trop tard maintenant, tu n’avais qu’à manger quand je te l’ai dit. Tant pis pour toi, tu mangeras demain. Maintenant dors. L’enfant pleure, bien sûr il « s’en prend une » parce qu’il pleure, alors il ravale ses larmes mais renifle un peu, menaces de nouvelle gifle, accompagnée du non moins classique « je ne veux plus t’entendre ». Il cesse, s’agenouille sur son siège pour regarder par la fenêtre. L’homme (le père ?) se penche vers lui avec douceur pour comment...

Buren, un espace ludique

Mai juin 2012 : Daniel Buren expose au Grand Palais à Paris. Dans cet espace extraordinaire, sous cette verrière immense, une forêt de lignes verticales couvertes de ronds colorés, qui à la fois filtrent la lumière et la renvoient en miroirs. Selon que le soleil brille ou non, le sol se couvre de jaune, de rouge oranger, de bleu et de vert, en ronds nettement dessinés ou en couches estompées comme un fond de craies de couleurs. Dans ce lieu, contrairement à un musée traditionnel, les autres visiteurs ne sont pas une gène, ils s’intègrent dans ce tableau vivant surdimensionné qu’ils animent de nouveaux traits mouvants. Monté sur l’escalier sous la nef, le visiteur découvre  non plus une forêt mais un champ de disques de couleur sous lesquels on devine de petites silhouettes, tandis que s’y reflète la structure réséda du Grand Palais. Levant les yeux, c’est comme un kaléidoscope géant dont les images évoluent au gré des changements de lumière. Par cha...

Jeu et formation, en classe de FLE

Lors des rencontres de Villetaneuse dont j’ai déjà parlé, quatre spécialistes de formation par le jeu présentaient leur travail. Qu’il s’agisse de formation pour adultes ou pour enfants, le jeu, cela m’a frappée, était synonyme pour eux de jeu de société. J’ai eu l’occasion, comme formatrice pour adultes, d’utiliser des jeux de plateau faits « exprès pour » mais c’était d’un ennui… J’ai aussi pratiqué le « jeu cadre » qui permet de rendre un peu plus digestes des notions rébarbatives, à base de cartes et de messages à écrire, à choisir, à échanger… Bon, cela permettait de réveiller les stagiaires ! En revanche j’ai enseigné le Français Langue Etrangère à des personnes qui nous étaient envoyées par Pôle emploi, et là, oui, nous avons joué, mes stagiaires et moi, et j’ai envie de raconter quelques moments où nous nous sommes bien amusés (tout en progressant en français). Je ne dessine pas si bien mais c'est sans importance Le portrait robot (po...

Traduire Jacques Henriot : un défi à relever.

Deux journées – très différentes- étaient organisées par l’Université Paris XIII, les 4 et 5 mai 2012, pour fêter les 30 ans du DESS et rendre hommage à son créateur, Jacques Henriot – auteur de deux ouvrages , Le Jeu (1959) et Sous couleur de Jouer (1989). Nous avions l’impressions d’avoir Raymond Devos devant nous Le samedi, nous nous retrouvions entre anciens étudiants et enseignants. Jacques Henriot professeur, seule Christine Mathieu, responsable des ludothèques d’Orly, l’a évoqué. « Nous avions l’impressions d’avoir Raymond Devos devant nous » a-t-elle raconté, et c’est vrai. Mis à part que c’est un monsieur élancé et très élégant, c’était tout à fait ça. On en sourit encore, mais on en garde aussi une remise en question permanente de nos certitudes –dans nos métiers au moins. Quant au JEU, nous n’avons pas fini de nous interroger. Le vendredi un colloque supervisé par Gilles Brougères et Elisabeth Delmas : neuf universitaires présentaient leurs travaux...