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Articles

À Noël, un casse-noisettes

  Un soldat de bois peint, botté et armé d’une épée , au milieu des bonshommes de neige, des lutins, des Pères Noël, des anges, des rennes et des pains d’épice, un intrus parmi les décorations de Noël ?   Il y a près de 200 ans que ce casse-noisettes a sa place près du sapin, et plus les décors de Noël made in China se popularisent, plus ces personnages, casse-noisettes ou simples figurines en bois, se multiplient.  La bouche du casse-noisettes, qui s’ouvre et se ferme grâce au levier actionné dans son dos, est dotée d’une belle dentition supposée casser les noisettes les plus dures. La plupart du temps en uniforme  rouge à brandebourgs, coiffé d’un haut bonnet de fourrure ou d’une couronne, il symbolise, dit-on, la force et l’ordre.  Force et ordre synonymes de paix pour certains, ou  marques de l’oppression pour d’autres, qui voient dans ces visages fantaisistes et peu sympathiques des caricatures. C’est à l’extrême Est de l’Allemagne que ceux qu...

Mes poupées berbères : suite

 J'ai présenté mes poupées berbères en 2018 sur ce blog , deux familles en bois dont j'ai hérité et dont je n'ai toujours pas retrouvé l'origine… Aujourd'hui je reçois un message de Véronique, qui est, comme moi, fascinée par ces poupées de bois, et en a trouvée une dans une brocante. Je pensais que ces hommes noirs et imberbes étaient des esclaves, mais les vêtements élégants de celui-ci ne sont pas ceux d'un esclave… peut-être un marchand ? Trouverons-nous un jour le fin mot de l'histoire de ces poupées ? (à suivre)

Les Turbulents d'Alain Bourbonnais

Je les ai rencontrés rue Jacob, à Paris, dans une vitrine, il y a presque 50 ans : une bande de personnages invraisemblables, joyeux et truculents, faits de bric et de broc, les "Turbulents" d'Alain Bourbonnais. Coup de foudre !  J''ai gardé précieusement le catalogue de la Galerie Jacob où ils étaient exposés. Et les voilà qui reviennent à la Halle St Pierre, au cœur d'une exposition consacrée à La Fabuloserie.  La Fabuloserie est un lieu  d'exposition pour des artistes qui ne se prennet pas pour des artistes. Créée par Alain et Caroline Bourbonnais. Un lieu d'accueil pour un art brut, populaire, naïf, "un art hors les normes", disait Jean Dubuffet, qui les encouragea dans leur entreprise.  "Avec toute l’ingéniosité de l’architecte qui en avait soupé de l’architecture rationnelle et rêvait d’anarchitecture, Alain Bourbonnais aménagea un parcours initiatique, un labyrinthe avec des chambres à surprises que l’on ouvre subrepticement...

Donald Duck, une tradition suédoise pour Noël

J'ai découvert récemment, grâce à une amie de l'école suédoise à Paris, que tout s'arrête en Suède le 24 décembre à 15h. Que se passe-t-il ? Chacun est devant sa télévision et regarde Donald Duck. C'est  le temps de  `Kalle Ankas Jul´  ( Donald Duck Noël)  ou plus simplement  `Kalle Anka´, pour 3 millions de Suédois. Le programme    `From All of Us to All of You´ est diffusé depuis 1960, connu sous le nom Kalle Anka och hans vänner önskar God Jul" (Donald Duck et ses amis vous souhaitent un Joyeux Noël). Une voix off commente le film,  ce fut longtemps celle de Bengt Feldreichet, décédé en 2019. Vous pouvez regarder ici le programme, présenté par un monsieur très sérieux, représentant Disney en personne, que regardent les enfants et les adultes, parents, et grands-parents. Une heure entière, une fois par an, toute la famille se réunit pour regarder Kalle Hanka, une série d'extraits de vieux cartoons. Personne ne fait rien d'autre, pas même la cui...

Les "matérionnettes" de Barbara Mélois

Barbara Mélois  n'est pas une marionnettiste traditionnelle. Et la plupart de ses créations sont éphémères. Son truc, c'est de créer des personnages, un univers, une histoire avec un matériau qui n'est pas fait pour ça, papier kraft ou papier d'alu, et, pour le spectacle que nous avons vu dimanche, papier cristal, celui dont les fleuristes se servent pour envelopper leurs beaux bouquets. Plié, froissé, découpé, et puis manipulé, le papier devient fée, poisson, carrosse, château… parfois source claire ou larmes inconsolables, grâce aux projecteurs qui le magnifient, lui donnent des couleurs rouges, bleues, chatoyantes.  Peu importe l'histoire, en l'occurence inspirée de Cendrillon,  on est emporté par le foisonnement d'idées, d'images, d'émotions qu'elle crée avec… rien… Un peu de papier transparent et brillant au cœur du château de Pierrefonds, dans l'Oise, comme un enchantement.

Ludique, vous avez dit ludique ?

Selon vous, le jeu est-il toujours ludique ?  Telle était la question posée   lors de l’épreuve de  français du Bac Pro 2022 . Drôle de question, qui en a laissé plus d’un perplexe ! Si ludique = avec du jeu , ça sent son pléonasme.  Ou son syllogisme (enfin, presque) : l udique c'est du jeu, donc tous les jeux sont ludiques. Et sinon, c’est quoi, ludique ? Un jeu d'enfant, cette dissert ! Fun ? Amusant ? Distrayant ?  Le ludique, on le met à toutes les sauces, il est de tous les projets : activité ludique, parcours ludique, présentation ludique, design ludique, spectacle ludique, approche ludique… Le ludique fait avaler bien des pilules : la pédagogie, les mathématiques, l’apprentissage, l’endurance, le sport… Mais parle-t-on jamais d’un ”jeu ludique” ?  L'attitude ludique Lorsque j’ai commencé à m’interroger à propos du JEU , sous la joyeuse influence du professeur Jacques Henriot (le philosophe, pas le fabricant de bols bretons), le mot ”ludique” n’...

Se déguiser, et le regard des autres

En cette époque de Carnaval, on se déguise pour parader, défiler, se lâcher… On est un autre pour la galerie, on peut se permettre de dire des bêtises, de faire des choses incongrues. On déploie des trésors d'imagination pour créer un costume loufoque ou magnifique, faire rire ou rêver. Tête et queue, chien et ours, création Oskar &Ellen, chez Aêtre Dans le quotidien des jeunes enfants,   on n'a pas besoin du regard des autres pour se déguiser . Au contraire, ce regard gêne.  Celui qui observe les joueurs, à moins qu'il ne sache se montrer très discret, ouvre une brèche dans le jeu . Il suffit de quelques accessoires pour   être  un  autre, pirate ou naufragé, ours ou chien, et le couffin devient bateau… Le jeu risque de se briser si un  adulte, admiratif de tant de liberté, prend les joueurs en  photo. Conscients d'être observés, ils feront alors semblant d'être, non un ours et un chien dans un bateau, mais des enfants qui jouent à être un o...

Chifoumi version COVID

 Deux enfants jouent dans le bus, face à face ils tapent dans leurs mains, puis dans les mains de l'autre, comme s'ils rythmaient la comptine Trois petits chats… Ils ajoutent à ce jeu des gestes et comptent leurs points, un peu comme à Chifoumi ou Pierre Feuille Ciseaux. Petit à petit ils se proposent de nouveaux gestes, et comment les contrer. Si tu mets tes deux mains paume vers l'adversaire, c'est "porte fermée", à quoi on oppose "sonnette" avec les poings comme si on tirait sur le cordon d'une cloche…Mains jointes sur le haut du front fait échec à "sonnette" car cela veut dire "je ne suis pas là".  Mains crochues comme pour mimer un un animal qui grignote : c'est le "covid". Et pour le contrer, une main frappant  le haut de l'épaule, c'est le "vaccin", ou deux mains devant la bouche, c'est le "masque", qui "recharge le vaccin". J'ai du mal à  suivre, il y a trop d...

La couleur de la pluie

- La pluie, c'est de quelle couleur ? - Bleu ? - Gris ?  Regardons par la fenêtre… Elle n'a pas de couleur… mais alors comment la peindre ? Prenons une grande feuille blanche et dessinons la pluie avec une craie grasse blanche (un pastel). Dessinons sur toute la feuille les gouttelettes, la bruine, l'orage, la pluie qui tombe en rafales avec le vent… et les flaques qui éclaboussent, et les petits ronds que la pluie dessine dans l'eau.  Quand la feuille blanche est remplie de pluie, blanche aussi, on ne voit rien mais… À grands coups de pinceau, avec de l'aquarelle ou des encres de couleur, peignons maintenant le ciel. Gris, peut-être, ou bleu, ou rose ? Et la pluie apparait comme par magie. Il n'y a plus qu'à dessiner, sur un autre papier, ceux qui aiment la pluie, la grenouille, l'escargot, ou un petit enfant équipé de ciré et de bottes… et des parapluies, bien sûr. Oh ! celui-là s'envole !  On découpe, on colle les personnages sur la grande ...

La boite à boutons

C’est un jeu de mon enfance.  Il n’avait pas sa place dans la chambre d’enfants, la boite en soi n’était pas un jeu. C’est dans cette boite que notre mère rangeait ses boutons, dans les années 50, même un peu avant, même un peu après, quand ni le prêt-à-porter ni les Playmobil n’existaient. Elle nous prêtait sa boite à boutons, une boite en métal qui n’avait rien de précieux, mais qui pour nous renfermait des merveilles.  Grands ou petits, nacrés, dorés, décorés, on pouvait les classer par couleur ou par taille, les aligner comme en rang à l’école ou les mettre en cercle comme pour une ronde, il y avait les gros qui jouaient les importants, et les humbles boutons de chemise, à peine un centimètre de diamètre, mais plus nombreux et solidaires. Pour reconstituer une famille, ou une armée, on fouillait dans la boite en métal, cela faisait un bruit de chercheur de pépite, comme quand on cherche une pièce Légo bien particulière dans un gros tiroir (j’aime tellement ce bruit…). ...

”Elf on the shelf”, le lutin de Noël

Cette tradition de Noël, qui vient du Nord de l’Amérique, est encore récente et peu connue.  Un lutin s’invite à la maison, en décembre, jusqu’à Noël, il est envoyé par le Père Noël pour surveiller les enfants et s’assurer qu’ils sont bien sages, ou pour les observer, les écouter, et faire savoir au Père Noël quels cadeaux leur feraient plaisir.  On reçoit d’abord une lettre du Père Noël annonçant son arrivée. Il y est écrit de préparer un petit abri avec une couverture et quelques biscuits pour que le lutin puisse se reposer de son long voyage. On lui prépare donc un genre de petit lit - avec une boite à chaussure, un torchon en guise de couverture, des gâteaux- qu’on laisse sur le palier avant d’aller se coucher. Le lendemain on trouve le petit lutin couché dans sa boite. Il ne reste plus qu’à lui donner un nom et l’adopter, c'est magique. Mais attention, on le pose sur une étagère, ou dans le sapin, ou sur la cheminée, après il ne faut plus le toucher,  la magie risqu...

Mauvais joueur ou mauvais perdant ?

L’actualité m’a inspiré ces petites réflexions… Quel mauvais joueur celui qui ne supporte pas de perdre au jeu, chamboule pions et plateau, part en boudant avant la fin de la partie, ou se met à pleurer !  On devrait plutôt l’appeler mauvais perdant, puisqu’enfin, s’il arrive à ce résultat désolant en fin de jeu, c’est qu’il a joué le jeu jusque là.  Alors qu’un tricheur, qui ne supporte pas non plus de perdre au jeu, mais se donne les moyens de gagner, serait lui un mauvais joueur . Il a si bien fait qu’un autre a perdu . Le mauvais perdant pense que le gagnant a triché, il l’appelle tricheur , mais s’il n’a pas respecté les règles, n’est-ce pas plutôt un mauvais joueur ?  D’un autre côté, quand un malin réussit son coup - coup de bluff, coup de triche- ne lui dit-on pas ”bien joué” ? Tricher, c’est une façon de jouer (le tout est de ne pas se faire prendre…), d’une certaine façon ça fait partie du jeu. Mais dans ce cas on ne joue pas exactement au même jeu que les au...

Halloween 2020

Halloween :   i l s’agit de faire front contre la peur et la mort, et la peur de la mort. Quoi de plus fort que de la narguer ensemble, en la singeant, en la ridiculisant, en défiant le tabou qui interdit de la regarder en face . J'écrivais ça il y a 10 ans, sur ce blog   ( Halloween pour se jouer de la peur ) . La peur alors n' était pas si concrète, et chacun gérait la sienne. Nous voilà aujourd'hui tous, unis ou désunis, démunis en tout cas, face aux mêmes angoisses, aux mêmes incertitudes, aux mêmes courbes effrayantes, avec le Covid 19, aux mêmes horreurs et atrocités dans l'actualité.  Elle est bien dérisoire aujourd'hui ma citrouille, cultivée patiemment en attendant les petits-enfants qui viendront à la fin des vacances. Je n'ai même pas envie d'aller la ramasser dans le potager. Ils ne seront pas là pour la creuser, l'éclairer, la manger… Et les enfants du village ne passeront pas, déguisés, quémander les bonbons que je garde pour eux. Ensemble...

James Tissot et les jeux d'enfants

En visitant au Musée d'Orsay l' exposition consacrée à James Tissot , peintre de la deuxième partie du XIXème, j'ai rencontré des enfants qui jouaient. Portait des enfants d'Emile Gaillard, James Tissot, huile sut toile,1868 Jeanne (2 ans) et son frère Joseph (4 ans) jouent avec une poupée en porcelaine, que Jeanne est en train de coiffer, tandis que les grands , Marie et Eugène, posent pour le peintre, ami de leur père, Émile Gaillard. Sur le fauteuil, une autre poupée, une poupée noire. On trouve souvent des poupées noires sur les gravures représentant de petits anglais en train de jouer, ces poupées de chiffon, qu'on appelle  Golly . Cette poupée-ci est en porcelaine, elle a un foulard noué sur les cheveux et porte robe et jupon, bas et chaussures, et surtout un tablier blanc, car elle est sans doute "au service" de la demoiselle-poupée qui se fait coiffer. Pour l'heure, elle est bien installée sur le fauteuil, alors que les...

Les drôles de monstres de Léopold Chauveau

C'était programmé du 10 mars  au 18 juin 2020. Juste pour le grand confinement. Je vous parle donc d'une exposition que je n'ai pas vue, ni personne, au Musée d'Orsay, à Paris.  L es dessins et les sculptures de Léopold Chauveau  et notamment ses monstres .   Le musée est fermé et il faut nous contenter de quelques images. J'aime beaucoup ses monstres, ils ont l'air plutôt gentils, pas du tout effrayants, parfois drôles.   Il s'en faudrait d'un rien pour que ces sculptures s'animent telles des marionnettes. Elles ont une force dans le regard, il se pourrait bien qu'elles aient quelque chose à nous dire.  Quelque chose d'émouvant, qui fait sourire ou vous met la larme à l'œil, mais qui ne fait pas peur. On  pense en les voyant  aux gargouilles des cathédrales, ou aux personnages imaginaires de Jérôme Bosch, qu'on n'appellerait pas des monstres. Mais comment les appeler ? Ses dessins ont-ils inspir...