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Les Turbulents d'Alain Bourbonnais

Je les ai rencontrés rue Jacob, à Paris, dans une vitrine, il y a presque 50 ans : une bande de personnages invraisemblables, joyeux et truculents, faits de bric et de broc, les "Turbulents" d'Alain Bourbonnais. Coup de foudre ! 

J''ai gardé précieusement le catalogue de la Galerie Jacob où ils étaient exposés.



Et les voilà qui reviennent à la Halle St Pierre, au cœur d'une exposition consacrée à La Fabuloserie. 


La Fabuloserie est un lieu  d'exposition pour des artistes qui ne se prennet pas pour des artistes. Créée par Alain et Caroline Bourbonnais. Un lieu d'accueil pour un art brut, populaire, naïf, "un art hors les normes", disait Jean Dubuffet, qui les encouragea dans leur entreprise. 

"Avec toute l’ingéniosité de l’architecte qui en avait soupé de l’architecture rationnelle et rêvait d’anarchitecture, Alain Bourbonnais aménagea un parcours initiatique, un labyrinthe avec des chambres à surprises que l’on ouvre subrepticement, quitte à en ressortir avec frisson et horreur. On gravit des escaliers de meunier. On traverse des murs. Tout est étrange. Tout est surprenant. Tout est insolite. Tout vous agresse. Tout vous enchante", raconte son ami Michel Ragon.

C'est dans ce lieu de rêve qu'on peut voir le célèbre Manège de Petit Pierre ( Pierre Avezard, dit Petit Pierre).


Une des deux filles d'Alain et Caroline Bourbonnais raconte que, toujours à l'affût de nouveaux artistes méconnus, ils partaient au hasard dans la campagne. Ils s'arrêtaient dans un village pour interroger un passant : "On nous a parlé de quelqu'un qui fait des objets, des sculptures, des peintures bizarres… comment s'appelle-t-il déjà ? Vous le connaissez ?" et ça marchait, la plupart du temps on leur indiquait la maison d'un personnage haut en couleurs, qui faisait de l'art sans le savoir. 


La Fabuloserie est à Dicy, dans l'Yonne, on ne la visite qu'aux beaux jours, à partir du 1er avril. En attendant, on ira à la Halle Saint Pierre, qui est un lieu parisien bien agréable




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