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Articles

Chifoumi version COVID

 Deux enfants jouent dans le bus, face à face ils tapent dans leurs mains, puis dans les mains de l'autre, comme s'ils rythmaient la comptine Trois petits chats… Ils ajoutent à ce jeu des gestes et comptent leurs points, un peu comme à Chifoumi ou Pierre Feuille Ciseaux. Petit à petit ils se proposent de nouveaux gestes, et comment les contrer. Si tu mets tes deux mains paume vers l'adversaire, c'est "porte fermée", à quoi on oppose "sonnette" avec les poings comme si on tirait sur le cordon d'une cloche…Mains jointes sur le haut du front fait échec à "sonnette" car cela veut dire "je ne suis pas là".  Mains crochues comme pour mimer un un animal qui grignote : c'est le "covid". Et pour le contrer, une main frappant  le haut de l'épaule, c'est le "vaccin", ou deux mains devant la bouche, c'est le "masque", qui "recharge le vaccin". J'ai du mal à  suivre, il y a trop d...

La couleur de la pluie

- La pluie, c'est de quelle couleur ? - Bleu ? - Gris ?  Regardons par la fenêtre… Elle n'a pas de couleur… mais alors comment la peindre ? Prenons une grande feuille blanche et dessinons la pluie avec une craie grasse blanche (un pastel). Dessinons sur toute la feuille les gouttelettes, la bruine, l'orage, la pluie qui tombe en rafales avec le vent… et les flaques qui éclaboussent, et les petits ronds que la pluie dessine dans l'eau.  Quand la feuille blanche est remplie de pluie, blanche aussi, on ne voit rien mais… À grands coups de pinceau, avec de l'aquarelle ou des encres de couleur, peignons maintenant le ciel. Gris, peut-être, ou bleu, ou rose ? Et la pluie apparait comme par magie. Il n'y a plus qu'à dessiner, sur un autre papier, ceux qui aiment la pluie, la grenouille, l'escargot, ou un petit enfant équipé de ciré et de bottes… et des parapluies, bien sûr. Oh ! celui-là s'envole !  On découpe, on colle les personnages sur la grande ...

La boite à boutons

C’est un jeu de mon enfance.  Il n’avait pas sa place dans la chambre d’enfants, la boite en soi n’était pas un jeu. C’est dans cette boite que notre mère rangeait ses boutons, dans les années 50, même un peu avant, même un peu après, quand ni le prêt-à-porter ni les Playmobil n’existaient. Elle nous prêtait sa boite à boutons, une boite en métal qui n’avait rien de précieux, mais qui pour nous renfermait des merveilles.  Grands ou petits, nacrés, dorés, décorés, on pouvait les classer par couleur ou par taille, les aligner comme en rang à l’école ou les mettre en cercle comme pour une ronde, il y avait les gros qui jouaient les importants, et les humbles boutons de chemise, à peine un centimètre de diamètre, mais plus nombreux et solidaires. Pour reconstituer une famille, ou une armée, on fouillait dans la boite en métal, cela faisait un bruit de chercheur de pépite, comme quand on cherche une pièce Légo bien particulière dans un gros tiroir (j’aime tellement ce bruit…). ...

”Elf on the shelf”, le lutin de Noël

Cette tradition de Noël, qui vient du Nord de l’Amérique, est encore récente et peu connue.  Un lutin s’invite à la maison, en décembre, jusqu’à Noël, il est envoyé par le Père Noël pour surveiller les enfants et s’assurer qu’ils sont bien sages, ou pour les observer, les écouter, et faire savoir au Père Noël quels cadeaux leur feraient plaisir.  On reçoit d’abord une lettre du Père Noël annonçant son arrivée. Il y est écrit de préparer un petit abri avec une couverture et quelques biscuits pour que le lutin puisse se reposer de son long voyage. On lui prépare donc un genre de petit lit - avec une boite à chaussure, un torchon en guise de couverture, des gâteaux- qu’on laisse sur le palier avant d’aller se coucher. Le lendemain on trouve le petit lutin couché dans sa boite. Il ne reste plus qu’à lui donner un nom et l’adopter, c'est magique. Mais attention, on le pose sur une étagère, ou dans le sapin, ou sur la cheminée, après il ne faut plus le toucher,  la magie risqu...

Mauvais joueur ou mauvais perdant ?

L’actualité m’a inspiré ces petites réflexions… Quel mauvais joueur celui qui ne supporte pas de perdre au jeu, chamboule pions et plateau, part en boudant avant la fin de la partie, ou se met à pleurer !  On devrait plutôt l’appeler mauvais perdant, puisqu’enfin, s’il arrive à ce résultat désolant en fin de jeu, c’est qu’il a joué le jeu jusque là.  Alors qu’un tricheur, qui ne supporte pas non plus de perdre au jeu, mais se donne les moyens de gagner, serait lui un mauvais joueur . Il a si bien fait qu’un autre a perdu . Le mauvais perdant pense que le gagnant a triché, il l’appelle tricheur , mais s’il n’a pas respecté les règles, n’est-ce pas plutôt un mauvais joueur ?  D’un autre côté, quand un malin réussit son coup - coup de bluff, coup de triche- ne lui dit-on pas ”bien joué” ? Tricher, c’est une façon de jouer (le tout est de ne pas se faire prendre…), d’une certaine façon ça fait partie du jeu. Mais dans ce cas on ne joue pas exactement au même jeu que les au...

Halloween 2020

Halloween :   i l s’agit de faire front contre la peur et la mort, et la peur de la mort. Quoi de plus fort que de la narguer ensemble, en la singeant, en la ridiculisant, en défiant le tabou qui interdit de la regarder en face . J'écrivais ça il y a 10 ans, sur ce blog   ( Halloween pour se jouer de la peur ) . La peur alors n' était pas si concrète, et chacun gérait la sienne. Nous voilà aujourd'hui tous, unis ou désunis, démunis en tout cas, face aux mêmes angoisses, aux mêmes incertitudes, aux mêmes courbes effrayantes, avec le Covid 19, aux mêmes horreurs et atrocités dans l'actualité.  Elle est bien dérisoire aujourd'hui ma citrouille, cultivée patiemment en attendant les petits-enfants qui viendront à la fin des vacances. Je n'ai même pas envie d'aller la ramasser dans le potager. Ils ne seront pas là pour la creuser, l'éclairer, la manger… Et les enfants du village ne passeront pas, déguisés, quémander les bonbons que je garde pour eux. Ensemble...

James Tissot et les jeux d'enfants

En visitant au Musée d'Orsay l' exposition consacrée à James Tissot , peintre de la deuxième partie du XIXème, j'ai rencontré des enfants qui jouaient. Portait des enfants d'Emile Gaillard, James Tissot, huile sut toile,1868 Jeanne (2 ans) et son frère Joseph (4 ans) jouent avec une poupée en porcelaine, que Jeanne est en train de coiffer, tandis que les grands , Marie et Eugène, posent pour le peintre, ami de leur père, Émile Gaillard. Sur le fauteuil, une autre poupée, une poupée noire. On trouve souvent des poupées noires sur les gravures représentant de petits anglais en train de jouer, ces poupées de chiffon, qu'on appelle  Golly . Cette poupée-ci est en porcelaine, elle a un foulard noué sur les cheveux et porte robe et jupon, bas et chaussures, et surtout un tablier blanc, car elle est sans doute "au service" de la demoiselle-poupée qui se fait coiffer. Pour l'heure, elle est bien installée sur le fauteuil, alors que les...