Accéder au contenu principal

Que faire des jouets quand les enfants ont grandi ?



Tout le monde un jour se pose cette question, plus encore à l’approche de Noël, vider la salle de jeu pour la remplir à nouveau
Toys story 3 Une nouvelle vie pour les jouets d'Andy ?

Les vases communicants. On enlève des jouets, on en met d’autres, c’est toujours du jeu… Mais c’est une opération délicate. Sont-ils interchangeables, ces objets ?

Consommer, consommer, jusqu’à l’indigestion… et partager cette frénésie avec ceux qui n’en ont pas les moyens, cela part de bons sentiments, mais c’est ambigu, et même peu respectueux.

Un jouet en vaut-il un autre ?

Bon, alors, on va jeter ceux qui ne sont plus en bon état, se débarrasser de tous ceux avec lesquels il ne joue pas, supprimer ceux qui « ne sont plus de son âge ». Si on en avait le temps, on ferait ce tri avec les enfants, on essaierait d’en faire un jeu. En s'inspirant  de ces jeux télévisés où il faut toujours choisir entre plusieurs candidats et en éliminer : « et le nominé est… ». Ce serait l’occasion de parler des jouets avec les enfants, et un enfant en particulier, quels jouets aime-t-il, et pourquoi ?

En bons éducateurs, nous pourrions peut-être nous interroger sur cette attitude que nous induisons. Je consomme, et puis je jette. Mais plus encore, car il y a forcément de l’affectif dans un jouet, je t’aime, je ne t’aime plus, je te remplace.
Avec leurs doudous, les enfants ne se laissent pas faire, et nous donnent des leçons de fidélité. Je t’aime même usé, dégradé, sali, c’est toi que je veux et pas un autre. Ah ! Etre aimé comme un doudou ! Mais heu… vient le jour où l’enfant n’a plus besoin de  doudou… Pas même pour le garder « en souvenir ». Apprendre à tourner la page.

Un enfant en vaut-il un autre ?

N’empêche, Doudou, il est tellement vieux, personne d’autre n’en voudra. Il ne deviendra jamais le doudou d’un autre. Respect. En revanche, il est question de se séparer des autres jouets, et plutôt que de les apporter à la décharge, de les donner à d’autres petits. Parfois un moment délicieux : un enfant un peu grand qui offre son jouet à un plus petit, relais tendresse. Mais la plupart du temps le passage se fait dans l’anonymat, via un organisme caritatif, et quelque chose me chagrine un peu dans cette démarche.
C’est peut-être une déformation professionnelle : je voudrais que les jouets soient pris en main par des pros qui non seulement les remettent en état, mais surtout les connaissent, les conseillent, ne se contentent pas de les mettre sur des étagères. Pensent aux enfants qui vont les adopter.
Oui, les adopter ; je pense aux jouets et je n’aime pas qu’ils soient abandonnés au hasard, négligés.

Le film Toys story 3 montre la détresse des jouets mis en carton et récupérés dans une nursery, où ils passent de mains en mains et sont malmenés, c’est drôle et et c’est aussi très émouvant.

Vive les greniers !
Pas de ça pour les jouets, mais alors ? S’il faut bien accepter un  jour de ne plus être un enfant, il faut bien aussi se résoudre à s’en séparer. Quitte à les donner à un organisme, les donner à une ludothèque. Là ils seront dorlotés, réparés s’il le faut, chaque pièce répertoriée, et mis en jeu avec soin et respect.

A moins qu’il n’y ait encore quelque part un grenier où les ranger en attendant
Attendre que les enfants malheureusement grandis aient à leur tour des enfants. Qu’avec eux ils ouvrent le carton avec l’émotion des souvenirs d’enfance partagés.
Ou qu’ils envoient leur progéniture dans le grenier jouer les explorateurs à la recherche d’un trésor.
Jouets des années 50 au Nautilude
Ou qu’ils en fassent profiter d’autres enfants, d’autres adultes, le temps d’une exposition. 
Ainsi Laure et Dominique, à l’occasion de l’ouverture de la ludothèque Le Nautilude, rue Jules Verne à Paris, ont-elles ressorti leurs ours en peluche, leurs poupées – et les accessoires, les ustensiles de cuisine qui vont avec - du grenier de la vieille maison picarde. Une exposition modeste, bien sûr, mais à visiter avec elles : on saura le nom de chaque ours, et que Mich’ a été donné par la plus grande à sa petite sœur, tandis que Michette venait le remplacer.  Un jour la petite fille se marie. Trente ans plus tard Michette se retrouve dans une vitrine au côté de Martin, qui dormait, lui, dans le grenier de la grand-mère du mari de la petite fille… Objets retrouvés, instants d’enfance réapparus, échangés, histoires de jouets.


http://www.je-donne-mes-jouets.org/

http://www.engagement-solidaire.fr/gestes-solidaires/donner/jeux-jouets

Commentaires

  1. Bonjour,

    J’ai fait un vide-grenier la semaine dernière. J’ai mis de côté plusieurs jouets en mauvais état, mais pas moyen de me débarrasser du fameux doudou. Mon bébé le kiffe trop.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Les normes européennes de sécurité pour les jouets ont 20 ans.

Oui, j’arrive après la bataille, c’est avant Noël que tous les ans la presse nous concocte 5 ou 6 articles censés nous informer et nous aider à bien choisir les jouets, en mélangeant trop souvent sécurité et éthique, Chine, travail des enfants, accidents domestiques et profit. C’est en 1989 que l’Europe s’est décidée à établir des normes communes à tous les pays européens en ce qui concerne les jouets. Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans… L’Europe en ce temps-là, comptait 12 membres :   l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, et 2 nouveaux arrivés en 1986,  l’Espagne et le Portugal. Chaque pays avait auparavant ses règlementations propres, c’était donc un casse-tête de faire circuler des produits d’un pays à l'autre, car il fallait adapter l’étiquetage aux règles de chaque pays.* Et, derrière l’étiquetage, avoir les mêmes critères de qualité et de sécurité. À l’é...

Mon Grec à moi

C'était avant 68, mais ça n'a pas tellement changé. Je suis de la génération "collège unique". Bonne élève donc i nscrite en "classique", avec de l'anglais et du latin dès la 6ème, c'est à l'entrée en 4ème que j'ai choisi de faire du grec. Une langue morte comme deuxième langue vivante Dans le collège de banlieue dans lequel j'étais inscrite, on avait le choix entre deux langues vivantes : espagnol ou allemand. Je n'avais pas envie de faire de l'allemand, j'étais bien plus attirée par l'espagnol, mais les enseignants m'estimaient trop bonne élève pour faire de l'espagnol ! On m'a proposé le grec, le grec ancien, pas le moderne. Helléniste, pour faire ma maligne C'était flatteur. Je ferais partie de l'élite ! D'une famille plutôt intello mais atypique car ma mère était scientifique et mon père littéraire, j'avais un grand-père qui me donnait depuis ma tendre enfance un petit nom grec,...

POUCE ! Je ne joue plus ?

Poing fermé, pouce levé, voilà un geste courant, quasi universel, que chacun croit comprendre instantanément. Signe de satisfaction, d’approbation, à diverses époques, dans divers contrées, mais avec des variantes qui peuvent mener à quelques malentendus… de " D’accord " à " Victoire, ça marche ! " en passant par " l like "(1), où le pouce levé remplace le cœur  " I love " devenu désuet. « Tu es le meilleur !» dit le pouce levé en Chine. « Fais moi une place dans ta voiture » dit le pouce levé de l’auto-stoppeur. « On remonte » dit celui du plongeur. « Laissez-moi passer » dit le pouce levé du piéton qui traverse une rue sans passage protégé. « Meilleurs prix » indique celui d’un grand distributeur. « Va au diable » dit le pouce « bilak » iranien . Mais non ! POUCE ! signifie « je ne joue plus » ou, plus exactement « on arrête momentanément le jeu », ...