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Articles

Affichage des articles du 2015

Des voeux qui grincent un peu

Il était une fois un pauvre bûcheron et sa femme . L’homme un jour attrape un lapin et s’apprête à le manger, mais le lapin l’émeut, lui parle de sa nombreuse famille et réussit à l’apitoyer. Dès que l’homme attendri le laisse partir,   le lapin, qui est en fait un génie des bois, lui propose de faire 3 voeux. ”Je voudrais, je voudrais… un bon plat de saucisses”, dit l’homme, et c’est ce qu’il trouve sur la table en rentrant chez lui. Il raconte l’aventure à sa femme, qui le traite de tous les noms, pour avoir prononcé un voeu aussi modeste et ridicule, alors qu’il aurait pu demander à être riche et puissant. ”Tu es trop méchante, rétorque-t-il, tiens je voudrais que ces saucisses te pendent au bout du nez !” Aussitôt la femme se retrouve avec un chapelet de saucisses au bout du nez. ”Oh, pardon ! Je suis désolé, dit son mari, je voudrais que ces maudites saucisse n’aient jamais existé !” Le troisième voeu se réalise et les saucisses disparaissent. Le malheureux bûcheron et sa femm...

10 chouchous chez AETRE

Dans la collection Àêtre, j'ai mes chouchous. Ceux que je conseille à mes amis. Des plus petits aux plus grands. Les âges ne sont là qu'à titre indicatif, on sait tous que les compétences peuvent changer d'un enfant à l'autre. Le plus important, c'est d'avoir avec eux une complicité de jeu.   Le mobile Libellule   Un mobile fait pour être regardé par dessous, ça paraît évident, et pourtant…ça n'est pas courant. Chaque élément, coccinelle, papillon, fleur, est attaché par un scratch, on peut l'enlever, le mettre sur le doigt comme une petite marionnette pour jouer avec le bébé, et après il retourne en l'air. La poule de Cilou   Ce n'est pas seulement un petit animal à câliner, c'est un jeu de cache-cache (le premier jeu des petits) : sous une aile un oeuf, sous l'autre un petit poussin. Incontournable pour un premier anniversaire, le Pop up . Sûr que ça plaît aux petits de mettre en place les bonshommes de bois, et puis d'appu...

Génération Père Castor

Les albums du Père Castor ont marqué mon enfance, et en apprenant le décès de Paul Foucher, dont les parents avaient créé ces livres pour enfants, je suis un peu triste. Plus de 100 livres avaient déjà été publiés quand je suis née et ils occupaient une place privilégiée dans la bibliothèque familiale, mes livres préférés, avec leur couverture souple et leurs pages simplement agrafées alors que la plupart des autres étaient reliés avec un dos carré. (Mes préférés avec les Babar , quand même !) Certains ont été repris récemment à la faveur de je ne sais quel programme scolaire, et beaucoup de jeunes enfants connaissent presque par coeur  Roule Galette  et  Poule Rousse,  qu’ils adorent. Deux histoires simples racontées avec des illustrations et une écriture qui ne sont pas typiquement  pour enfants  ni  de notre époque . Deux histoires avec un renard, l'un gagne, l'autre perd. Deux histoires pas politiquement correctes, pas féministes du tout, mais...

Je ne joue pas

À regarder le monde ”sous couleur de jouer”, comme disait Jacques Henriot, on finit par voir du jeu partout, et parfois on se trompe. La chasse à courre Quand vient l’automne et que je rencontre aux abords de la forêt les chasseurs à courre, avec leur belle tenue, chiens et chevaux, et tous les rituels qui vont des boutons de redingote à la bénédiction des chiens, je trouve cela très amusant, et j’imagine qu’il s’agit d’un grand jeu, avec des règles bien précises et des rôles attribués à chacun. Boutons de vènerie Roger Caillois a tenté en 1958 ( Les jeux et les hommes ) une définition du jeu qui reste d’actualité : le jeu est une activité libre, séparée, incertaine, improductive, réglée, fictive. Sous cet éclairage, la vénerie me semblait a priori un jeu, auquel les équipages participaient de leur plein gré, avec même une sensation de liberté extrême chevauchant en forêt, dans un espace et pendant un temps bien défini, sans être sûrs d’abattre le gibier, sans gain, mai...

La courotte malade et autres jeux chez Marcel Aymé

Il pleuvait, il pleuvait... un temps à bouquiner au coin du feu, et je me suis plongée dans les Nouvelles complètes  de Marcel Aymé. Justement, il y est question de la pluie. Celle que provoque le chat Alfonse en passant sa patte derrière l’oreille. Exaspérés par le mauvais temps qui les empêche de travailler aux champs et pourrit leurs récoltes, les parents décident d’éliminer le chat. Delphine et Marinette sont atterrées, mais avec l’aide des animaux de la ferme arrivent à sauver le chat de la noyade sans attenter à la vie d’aucun autre animal. La patte du chat, j’y pense quand il pleut trop longtemps, j’y pense quand je vois un chat faire sa toilette. Voilà un Conte du Chat Perché qui m’a été lu avant même que je ne sache lire, et qui me revient depuis à chaque grosse pluie. Le chat dans un sac,prêt à être jeté à l'eau, image École.Abrest Tout comme l’Arche de Noé, pas l’histoire biblique, mais le conte : il pleut et Delphine et Marinette ...

Passeur d'histoires

J’ai ouvert grand mes oreilles et mis mes pas dans ceux du conteur, du mieux que j’ai pu. Rémi Cochen contait ce soir-là pour une fête de famille, un grand rassemblement où jeunes enfants, adultes et grands-parents se retrouvaient, venus de Vancouver ou de Maastricht, de Liège ou de Bordeaux. J’ai ouvert grand mes oreilles et mis mes pas dans ceux du conteur, du mieux que j’ai pu, pour une balade à Berlobi, « le pays de la Berlue où les gens sont tout bellués, tout éblouis si vous préférez, au point qu’ils prennent le vrai pour le semblant et inversement.» 
J’ai ouvert grand mes oreilles et mis mes pas dans ceux du conteur, du mieux que j’ai pu. Et puisqu’il nous contait que les histoires sont faites pour passer de bouches en oreilles, l’envie m’a pris de vous dire l’histoire de la Maman Souris. À ma façon, sans son talent, mais dans ses pas, du mieux que je peux. C’est une souris qui a 253 souriceaux, 253, je l’ai bien retenu. Et ce jour-là, il n’y a pas d’école, et il ne fait ...

Mon Grec à moi

C'était avant 68, mais ça n'a pas tellement changé. Je suis de la génération "collège unique". Bonne élève donc i nscrite en "classique", avec de l'anglais et du latin dès la 6ème, c'est à l'entrée en 4ème que j'ai choisi de faire du grec. Une langue morte comme deuxième langue vivante Dans le collège de banlieue dans lequel j'étais inscrite, on avait le choix entre deux langues vivantes : espagnol ou allemand. Je n'avais pas envie de faire de l'allemand, j'étais bien plus attirée par l'espagnol, mais les enseignants m'estimaient trop bonne élève pour faire de l'espagnol ! On m'a proposé le grec, le grec ancien, pas le moderne. Helléniste, pour faire ma maligne C'était flatteur. Je ferais partie de l'élite ! D'une famille plutôt intello mais atypique car ma mère était scientifique et mon père littéraire, j'avais un grand-père qui me donnait depuis ma tendre enfance un petit nom grec,...

En mai, les poissons japonais

En France en mai on va de fête en fête chômée, internationale, nationale ou chrétienne, (sans parler des mariages, des communions…). Mais les non-pratiquants ( majoritaires en France ) ne savent pas vraiment dire de quoi il s’agit, ni ce que l’on fête à l’Ascension comme à la Pentecôte. Et je ne connais pas de tradition ludique qui se rattache à ces fêtes religieuses.  Le mois du Dano En revanche en Asie, le double 5 (5ème jour du 5ème mois lunaire) donne lieu à de nombreux jeux partagés. En Chine la course des bateaux dragons, fête de duanwu, par exemple. Ou en Corée   la balançoire pour les jeunes filles (gagnera celle qui monte le plus haut), la lutte pour les jeunes hommes, et les masques Gwanno (classés au patrimoine de l’UNESCO).  Autant de traditions liées à la nature, alors que tous les corps célestes convergent à cette date, décuplant les énergies, envoutant les amoureux… La carpe et le dragon À la même date, le 5 mai, au Japon, jolie tradition, ...

Marbushka

Quelques jours en Hongrie, en avril 2014 :  voilà un an que nous avons rencontré Beatrix et Làzslo, les Marbushka , dans leur studio de Budakeszi, en banlieue de Budapest. Une pièce très claire dans laquelle Beatrix Bohony crée ses jeux, passant d’un petit pinceau, pour dessiner les visages des pions en bois, à son ordinateur et sa palette numérique, tandis que Laszlo gère fournisseurs et clients, au milieu des boites de jeux, et en compagnie de deux chiens, joueurs eux aussi. Nous étions curieux de découvrir le nouveau jeu, Bugs, dont nous avions déjà traduit la règle du jeu en français. Les Bugs sont des bestioles que Beatrix a inventées, ils ont chacun leur personnalité, plutôt sympas tout insectes qu’ils sont. Dans le jeu, ils se font prendre par le Professeur Bugsy qui les attrape dans sa boite d’allumettes. Pour tenir dans la boite d’allumettes, les Bugs ne pouvaient pas mesurer plus de 4 cm, Beatrix a créé le Mémory avec les mêmes dessins en plus grand, pour son pl...