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Articles

Affichage des articles du 2016

Nos poupées en papier

Dans une boite de cigarillos, que fumait mon père, j’ai retrouvé une famille de poupées en papier. Quand j’étais petite, c’était un de nos jeux favoris, avec ma soeur et mon frère les plus proches. Nous nous imaginions adultes, à la tête d’une famille nombreuse, et après avoir dessiné et découpé les membres de la famille et leurs habits, nous fabriquions avec des boites à chaussures leurs appartements et  leurs meubles, et puis les bâtiments alentour, l’école et l’hôpital, et la piscine… Les Playmobil et les Lego n’existaient pas encore ni les Sylvanian families…Nous mettions en scène nos poupées en papier épais, que nous pouvions déshabiller ou habiller selon le scénario du moment, nous organisions notre vie future… La famille que j’ai retrouvée n’est pas la mienne mais celle d’une de mes soeurs. Le nom de chacun est inscrit au crayon au dos de la poupée, avec son âge, pour les enfants :  Marc, 22 ans, Patrice, 20 ans, Isabelle, 16 ans, les jumeaux Christian ...

Des poupées jouets hommes

C’est une poupée, et c’est un homme. c’est Misha, corps en tissu et tête de bois. Les poupées hommes, ça n’est pas courant.  Action Man roller (Hasbro) Poupée mannequin Monster High On connait Ken, le faire valoir de Barbie, ou GI Jo devenu Action Man l’aventurier, la poupée déclinée ”pour les garçons” dans les sixties… Les héros actuels sont moins humains, proches  des personnages de mangas, voire des robots. Dans les années 70, un homme poupée est entré dans notre maison, ni bodybuildé ni nunuche, un homme ”normal”, un papa au milieu de sa famille -1 maman, un garçon, une fille, un bébé- chez Bella. La famille s’est dispersée, il est toujours là, avec son blouson de velours élimé et son pantalon de tweed. De nos jours, Imaginarium a créé Félix, le papa d’Amanda, mais hélas il est ”épuisé”! Papa Bella, 40 ans de jeu plus tard… Papa Félix Imaginarium Mis à part les personnages masculins pour maison de poupées, les papas ne sont pas légion...

Décors sur corps, jeux de peinture

Poupées tatouées, par Mimi Kirchner, Boston Avec les chaleurs de l’été, les corps se découvrent et les tatouages se montrent au grand jour. Tous ces corps illustrés que l’on croise au soleil, affirmant  ainsi leur singularité autant que leur conformisme ! Arborés avec fierté, ils le sont bien moins souvent avec humour. Tout de même, j’aime bien ce culot, cette impertinence avec laquelle chacun, chacune, dispose de son corps comme il l’entend, sans souci du qu’en-dira-t-on ni du temps qui passe. Du temps futur qui flétrira les jolies peaux et fera faire aux tatouages de piteuses grimaces, qui rendra les messages caducs et les coeurs déchirés, du temps passé aussi, honteux passé, où l’on tatouait les hommes et les femmes comme esclaves ou comme prisonniers.   Tatooman de Mimi Kirchner Mais pourquoi faut-il qu’ils soient définitifs, ces tatouages ? Éphémères, ils gagneraient en liberté, en couleurs éclatantes, en gaieté. La peinture ou le maquillage remplaç...

Des masques à manger

Fin d'année dans notre atelier : un joli goûter à rapporter -et à manger- chez soi, fruits, bonbons et gâteaux sur fond de crêpe, disposés dans une barquette, collés entre eux au chocolat.   Jouer ou gâcher J'aime faire un puits dans ma purée, choisir les poivrons en fonction de "leur tête",  manger les bananes en les découpant "marche par marche", écrire des mots sur le bord de mon assiette avec les nouilles lettres…J'aime dans un fruit, un légume ou un morceau de pain trouver un visage, une trogne, une bouille qui prend vie au bout d'une baguette ou de ma fourchette comme une marionnette… Qu'on se rassure, je sais me tenir à table et je ne joue pas tout le temps. Et surtout je n'aime pas gâcher. Je joue et je mange, après ! Jouer ou respecter "On ne joue pas avec la nourriture !", la nourriture, ça se respecte, il y a tant d'enfants qui meurent de faim… À l'heure de l'hyper consommation, dans nos pays où de...

Saul Steinberg, écrivain qui dessine et qui joue

La ligne , de Saul Steinberg, c’est un dessin en 29 tableaux, de 10 m de long, qui s’organise de part et d’autre d’une ligne continue, parfois horizon où se devinent des bateaux, parfois plan d’eau pour des baigneurs, chaussée sur laquelle débarquent les usagers du métro, rails de tramway, rambarde d'un balcon… Tout commence et se termine par la main qui dessine. La ligne A, Shön, ©Paul Bonmartel J’ai découvert ce tableau grâce à un spectacle de marionnette au Théâtre Mouffetard. La Ligne , qu'il percevait comme un long voyage, avait inspiré Roland Shön pour créer La ligne A . Un spectacle très inventif qui donnait bien envie d’aller voir de près La lIgne , la vraie. La ligne A, Shön, ©Paul Bonmartel Saul Steinberg se définissait comme  écrivain-dessinateur, il aurait pu ajouter joueur. Car chaque dessin, chaque masque, chaque tableau exhale un parfum ludique.  Saul Steinberg. Girl in bathtub, 1949 Saul Steinberg. Nose Mask. Photo...

Terrains d’aventures

"Je ne sais pas si je vous ai dit que dans le quartier, tout près de ma maison, il y a un terrain vague terrible, où on trouve des caisses, des papiers, des pierres, des vieilles boites, des bouteilles, des chats fâchés et surtout une vieille auto qui n’a plus de roues, mais qui est drôlement chouette quand même."  Le petit Nicolas et les copains, les Campeurs. (1963) Un terrain à l'abandon, investi par des enfants Ni jouets, ni structures normés, mais des planches, des carcasses, des ustensiles abandonnés -pour bâtir cabanes et véhicules- de la terre, des cailloux, de l'herbe, des arbres -pour creuser, grimper, planter, cuisiner de la potion magique ou composer des bouquets, ou même allumer  un feu.  Un espace de liberté pour les enfants, au coeur de la ville. De semi-liberté plutôt, car des adultes sont là, discrets mais mais bien présents, qui veillent à la sécurité, et qui aident les enfants, à leur demande, à la réalisation de leurs projets. U...