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En mai, les poissons japonais

En France en mai on va de fête en fête chômée, internationale, nationale ou chrétienne, (sans parler des mariages, des communions…). Mais les non-pratiquants (majoritaires en France ) ne savent pas vraiment dire de quoi il s’agit, ni ce que l’on fête à l’Ascension comme à la Pentecôte. Et je ne connais pas de tradition ludique qui se rattache à ces fêtes religieuses. 

Le mois du Dano
En revanche en Asie, le double 5 (5ème jour du 5ème mois lunaire) donne lieu à de nombreux jeux partagés. En Chine la course des bateaux dragons, fête de duanwu, par exemple.



Ou en Corée la balançoire pour les jeunes filles (gagnera celle qui monte le plus haut), la lutte pour les jeunes hommes, et les masques Gwanno (classés au patrimoine de l’UNESCO). Autant de traditions liées à la nature, alors que tous les corps célestes convergent à cette date, décuplant les énergies, envoutant les amoureux…



La carpe et le dragon
À la même date, le 5 mai, au Japon, jolie tradition, on fête les enfants en suspendant dans les maisons et dans les rues de magnifiques poissons volants, carpes multicolores dans lesquelles s’engouffre le vent. On dit maintenant « la fête des enfants » mais c’est récent, dans la tradition cette fête (Kodomo no hi) était celle des garçons. La fête des filles, Hina Matsuri, fête des poupées, est en mars.
Comme une manche à air, chaque poisson se remplit de vent et flotte joyeusement. Traditionnellement, il y a celui du père, celui de la mère, et puis un par garçon. Mais rien ne nous empêchera d’en fabriquer et d’en faire voler aussi avec les filles, puisqu’il s’agit de souhaiter à ces enfants le courage et la persévérance de la carpe !



Telles sont en effet les qualités de ce poisson qui aurait la force de remonter à contre-courant les rivières et les cascades. Selon une légende très populaire en Chine comme au Japon, des carpes auraient même remonté le Fleuve Jaune avant de s’envoler dans le ciel en se transformant en dragons.

Encore un coup de pouce du boulanger
Pour faire nos poissons volants, en ce joli dimanche de mai, nous avons utilisé les pochettes en papier dans lesquelles le boulanger glisse ses baguettes de pain. Papier léger et formant déjà une manche à air. 






Côté bouche, nous avons plié les bords plusieurs fois, pour lui donner un peu plus de rigidité et de solidité. 
Sous la pliure, nous avons glissé et caché une fine boucle de fil de fer, pour maintenir la bouche de la carpe ouverte. Avec une aiguille nous avons passé un fil en haut et en bas de la bouche, et nous l’avons noué. Ce fil est relié à un fil plus épais, lui-même attaché à un bâton, pour jouer à faire voler le poisson.



Côté queue, nous avons découpé un trou pour que l’air puisse s’échapper, et nous avons agrafé des bandes de crépon. 
Les enfants ont dessiné la tête du poisson et ses écailles, en utilisant les encres de la pochette du boulanger comme couleur de fond.

Et vole la carpe comme un dragon !





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