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À Noël, un casse-noisettes

 



Un soldat de bois peint, botté et armé d’une épée, au milieu des bonshommes de neige, des lutins, des Pères Noël, des anges, des rennes et des pains d’épice, un intrus parmi les décorations de Noël ? 



Il y a près de 200 ans que ce casse-noisettes a sa place près du sapin, et plus les décors de Noël made in China se popularisent, plus ces personnages, casse-noisettes ou simples figurines en bois, se multiplient. 


La bouche du casse-noisettes, qui s’ouvre et se ferme grâce au levier actionné dans son dos, est dotée d’une belle dentition supposée casser les noisettes les plus dures.


La plupart du temps en uniforme  rouge à brandebourgs, coiffé d’un haut bonnet de fourrure ou d’une couronne, il symbolise, dit-on, la force et l’ordre.  Force et ordre synonymes de paix pour certains, ou  marques de l’oppression pour d’autres, qui voient dans ces visages fantaisistes et peu sympathiques des caricatures.


C’est à l’extrême Est de l’Allemagne que ceux qui travaillaient dans les mines de Erzgebirge se mirent à fabriquer des personnages casse-noisettes. Ils sculptaient de petites figurines en bois : des rois, des soldats, ou des dignitaires inamicaux comme le percepteur. Parfois ils s’amusaient à leur fabriquer une immense bouche effrayante et en faisaient des casse-noisettes.


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Dans les années 1700, les mines devinrent moins rentables et la pauvreté gagna la région. Partis vendre leurs personnages de bois à la foire de Leipzig, les habitants d’Erzgebirge découvrirent qu’ils pouvaient les commercialiser et la ville entière se spécialisa bientôt dans leur production. 
Au début du XIXe siècle, le casse-noisettes devint l’objet indispensable à déposer au pied du sapin.

Mêlant deux traditions, celle des petits soldats de plomb et celle des jouets en bois et des automates, le casse-noisette prend vite sa place au milieu des cadeaux incontournables que reçoivent les enfants à Noël.

Au Salon International du Jouet de Nuremberg, que j’ai eu la chance d’arpenter de nombreuses années, il y avait un très grand stand de casse-noisettes, de toutes tailles, et ce stand se trouvait au milieu des carillons, des crèches, des boules, des guirlandes, des sapins, dans le hall consacré à Noël.

Et, dans le conte Casse-Noisettes et le roi des souris d’Hoffmann (1816), c’est de cette ville du jouet, Nuremberg, que vient le parrain de Maria (ou Clara, selon les versions), fabricant d’automates et de marionnettes, qui offre aux enfants, pour Noël, un joli casse-noisettes, et leur raconte la guerre rocambolesque entre ce soldat de bois et le roi des souris, roi à six têtes…

Ce conte a été traduit et réécrit par Alexandre Dumas, puis mis en musique par Tchaïkovski et créé en ballet, avec la collaboration du chorégraphe Marius Petipa en 1892. 

Alexandre-Dumas-histoire-casse-noisette©Gallica-BnF-188x300


C’est le prétexte à des mises en scène et des décors féériques, Maria et son casse-noisettes, une fois débarrassés des souris, s’évadant dans un pays de rêve, dansant  avec la fée Praline, valsant avec les fleurs et les mirlitons… Cet univers et surtout cette musique, dont on a tous les mélodies en tête, ont fait de Casse-Noisettes un véritable  "tube" de Noël.


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