mardi 11 janvier 2011

2011, l'année carnavalesque


ONZE
11 est le chiffre sacré du Carnaval.
En Allemagne comme aux Pays Bas, et partout en Europe du Nord, Carnaval se met en place traditionnellement le 11 Novembre à 11h 11. Cette année le 11/11/11 devrait donner au Carnaval 2012 un départ foudroyant !
Du 11 novembre au 6 janvier, on se prépare, et les carnavals se succèdent du 6 janvier au Mardi gras, cette année le 8 mars. Du jour des rois à la journée de la femme, quel programme !
Rois de Carnaval faisant suite à la galette des rois, grosses têtes souvent grimaçantes, exprimant la dérision et la déraison, tous ces personnages couronnés, jusqu’aux sardines de Santa Cruz , se succèdent d’année en année, en tête des défilés de chars, à Dunkerque comme à Nice.
Nice, dont le Carnaval existe depuis le 13ème siècle… ça en fait des rois !
Nice où le thème de 2011 sera le roi de la Méditerranée, ou de la Planète bleue (alors même qu’une pétition circule sur Face Book  pour la sauver, la Méditerranée). Grand jeu créatif des carnavaliers pour réaliser les 20 chars de l’année.
Nice où, il y a tout juste 11 ans (ONZE ans), l’OCTN (l’Office du tourisme et des congrès de Nice), se voyant confié la direction des festivités, frappa un grand coup en demandant à SergueÏ d’en être l’y-magier – le dessinateur, le maquettiste, le metteur en image et en scène. Musicien, il mit aussi ce carnaval en musique.
«En l’AN 2000, pour succéder aux Grands Anciens des corsi passés, il me fallait trouver un nouveau créateur d’univers carnavalesque, un poète, un musicien, en somme un Citoyen du Monde (…). J’ai choisi Sergueï, caricaturiste au Monde et au new York Times, ‘Ymagier’ des Odyssées que nous vivons, dont le regard acéré sur notre époque nous aide à rester éveillés.» Bernard Morel, Directeur du Tourisme et des congrès.
Le roi du Carnaval 2000, fut le roi des Odyssées.com. Odyssée de la vie, Odyssée des temps à venir, Odyssée de la formation de la terre, Odyssée de la connaissance, Odyssée des droits de l’homme… 
Autant de dessins et de textes de Sergueï  qui ont servi de trame à ce Carnaval hors pair, forment un ouvrage superbe et émouvant (*) dans lequel Sergueï, l'enfant d'Argentine, écrit :
"Le Carnaval de mon enfance déferlait sur une terre plus chaude. Il s'y déroulait comme un tapis rouge et, pourtant, nul roi n'avait le droit de l'arpenter. Ce tapis avait la couleur de la peau du peuple quand le sang bout de la liberté. La couleur d'une terre fertile où l'on pouvait se laisser pousser des racines et reconnaître nos vieilles branches. Dans nos veine coulait la même sève et nous devenions la jungle où nulle grisaille ne peut survivre, où nos moindres peurs s'égarent. 
Nos chants s'élevaient au-delà des dieux imposteurs et nos maisons, grandes ou petites, vues de loin, nous semblaient des simples cachettes que l'on pouvait enfin quitter pour nous montrer au grand jour. Si l'on se déguisait, c'était pour être enfin nous-mêmes et nous raconter, l'espace d'une ou deux nuits folles, la vérité, sans personne pour nous la dicter.
J'ai rêvé ce Carnaval. J'ai rêvé ces chars, ces personnages et leurs histoires. jamais rêve ne fut plus sincère.
Grâce aux carnavaliers, mes monstres se sont réveillés et nous danserons ensemble."(*Editions Gilletta.nice matin ISBN 2-903574-43-X)




En vrac et en a parte : 
Carnavals de NIce et la polémique autour des Odysées de Serguei 

J'ai lu que le 11 mars 1399 le roi Charles VI interdit d'aller dans la ville « embruché d'un chaperon », c'est-à-dire masqué, ou bien portant une capuche -"comme les jeunes de banlieue"- qu'il était question d'interdire...? http://www.lepetitjournal.com/culture-cologne/67518-culture-cest-parti-pour-le-carnaval-2011-.html Les dates des carnavals des Chtis : http://dkpsuleurs.free.fr/index.php/calendrier-carnaval-2011.html

lundi 3 janvier 2011

Si le Père Noël n’existait pas…il faudrait l’inventer.

Le père Noël est passé... Chez les uns, en chair, en os, et en barbe blanche, il a sonné à la porte de la maison et remis à chacun ses jouets, en main propre. Chez les autres, ayant attendu que les enfants soient couchés, il a déposé les cadeaux dans les souliers au pied de l’arbre ou devant la cheminée ; ou bien dans les chaussettes de Noël pendues au pied du lit.
Il n’est pas venu en traîneau (pourtant il y avait de la neige), papa lui a ouvert la porte (pourtant il y a une cheminée dans la maison). Peut-être pour ne pas se brûler ? Bizarre.
Chez Ella il n’y a pas de cheminée et tout était bien fermé à clé, tout le monde dormait, personne ne l’a entendu, par où est-il donc passé ? Bizarre.
On dit que si tu vois le Père Noël, il se sauve. Mais Sussu, lui, est grimpé sur ses genoux pour le remercier. Bizarre
Etourdi, mal informé, ou hélas interdit de séjour quelquefois, il a complètement oublié certaines maisons, tandis qu’il déposait des jouets pour le même enfant chez les grands-parents, les maternels et les paternels, chez la nounou, au travail du papa, à celui de la maman… Bizarre, bizarre…
Dernier enfant d’une grande fratrie, j’ai été très fâchée d’apprendre un jour, peut-être faut-il dire de comprendre, que le Père Noël n’existait pas. J’en ai voulu à mes parents qui ne pouvaient pas me mentir, à qui je ne pourrais plus jamais faire confiance… et je me suis juré de ne pas me conduire avec autant de légèreté et de supercherie lorsqu’à mon tour j’aurais des enfants.
Pour les aînés,  je crois m’en être bien tirée. C’est comme avec un magicien, d’abord on croit qu’il suit vraiment le valet de carreau d’un paquet de cartes à l’autre, qu’il fait vraiment sortir une colombe de son chapeau, et puis on comprend qu’il y a un truc, mais il le fait si bien, le tour n’en est pas moins réussi. On sait bien qu’il ne découpe pas la cravate du monsieur pour de vrai et qu’elle va réapparaître intacte, n’empêche, on « marche ». Et puis parfois on se lance à manipuler à son tour les dés, les cartes, à épater les petits en disant : « tu vois cette pièce ? Je vais la faire sortir de ton oreille… et voilà ! »
Les bizarreries sont autant d’indices : il y a un truc, cette histoire de Père Noël … Il y a un truc, c’est sûr…
Pourtant il y avait bien une mandarine et un verre d’armagnac près du sapin, et le matin le verre avait été bu, la mandarine mangée, il ne restait plus que les épluchures. Et chez nous, on voyait bien que le Père Noël s’était lavé les mains ; l’eau savonneuse, dans la cuvette que nous lui avions préparée, était sale, la serviette avec laquelle il s’était essuyé humide. Alors ?

D’une bizarrerie à l’autre, l’enfant découvre souvent peu à peu le truc. Pour le plaisir de la magie, on veut encore y croire un peu, on se laisse porter par l’ambiance, les décors, les rites… On dit : « le Père Noël est passé » mais cela veut dire : « on dirait que le Père Noël serait passé ». Et on rejoint les grands dans ce jeu, qu’importe de connaître le truc, on joue avec les grands, on devient presque leur complice. Pour ma part, j’ai continué à faire semblant d’y croire, même quand j’ai su, par désir de rester encore le plus longtemps possible dans ces  émotions de l’enfance, et par tendresse pour mes parents, pour qu’ils puissent encore jouer à ce jeu, dans lequel ils excellaient et semblaient prendre tant de plaisir. J’aimais ce jeu auquel jouait toute la famille. Et comme j’étais la plus jeune, il me semblait que si je ne jouais plus, tous devraient s’arrêter de jouer. Quel dommage ! J’en avais voulu à mes parents de leur mensonge, j’avais sans doute été humiliée en découvrant que tout le monde savait, sauf moi, la petite… Mais le plaisir du jeu l’emportait, et au Noël suivant j’avais retourné la situation : je faisais semblant d’y croire encore, et mes parents, mes frères et sœurs, bien attrapés, qui s’imaginaient que j’étais encore dupe ! Et en même temps la magie continuait, l’arbre illuminé, Mon beau sapin, roi des forêts, les chaussures disparaissant sous les cadeaux !

Je marchais en le tenant par la main, quand le plus jeune de mes enfants, passant devant la vitrine de jouets de la Samaritaine, m’a soudain déclaré : « Maintenant il faut me dire la vérité ». J’ai tout de suite su qu’il s’agissait du Père Noël. Et j’ai encore le cœur serré quand j’y pense, vingt ans plus tard. Ce regard d’enfant trahi, qui me renvoyait à ce que j’avais ressenti petite… D’aucuns se moqueront, hausseront les épaules, pfff ! Quelle importance ? Trahi, c’est un peu exagéré, non ? Malheureux en tout cas, et moi impuissante devant ce petit bonheur d’enfance perdu, et coupable de n’avoir pas tenu la promesse que je m’étais faite, de m’être si bien laissée prendre au jeu (au jeu du Père Noël) que j’avais négligé de lui envoyer des signes, des indices, le clin d’œil (ou le coup d’œil) qui dit : on joue.
Pour de vrai il n’existe pas, mais pour le plaisir du jeu il existe.
Mais comment faire ? C’est un si joli jeu ! Peu importe qu’il apporte beaucoup de cadeaux ou pas, qu’il passe par la cheminée ou par la porte, j’aime sa générosité, qui n’attend rien en retour, anonyme, magique.
Comment feras-tu, mon fils, quand tu auras des enfants à ton tour ? S’il ne revenait pas, chaque année, avec sa barbe et son manteau rouge, ce serait trop triste.
Le Père Noël ne peut pas ne pas exister. Donc il existe. 

D'autres parents se posent cette question, il y a même un site où on vous propose de vous envoyer la solution :
"La légende du père Noël"ou Comment profiter avec vos enfants de ces moments de rêve et de joie, et, plus tard, leur révéler la vérité, sans qu'ils  se sentent trompés." 
http://www.e-sante.fr/pere-noel-existe-pas-faut-il-dire-enfants/2/actualite/566
http://dit_papa.pagesperso-orange.fr/dphum01a.htm